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Les utilisateurs de l'assistant d'Amazon dépensent 50 % de plus par commande : pourquoi ce chiffre ne mesure pas l'effet de l'outil

Alexandre Suon·7 min de lecture·
Extrait du communiqué des résultats du troisième trimestre 2026 d'Amazon, avec la phrase sur les 400 millions d'utilisateurs d'Alexa for Shopping surlignée
Le passage du communiqué des résultats du troisième trimestre 2026 consacré à Alexa for Shopping.

Amazon annonce plus de 400 millions d'utilisateurs pour son assistant d'achat, et des paniers 50 % plus élevés chez ceux qui s'en servent. Un chiffre qui va circuler dans les comités de direction. Ce qu'il dit, ce qu'il ne dit pas, et comment mesurer l'effet réel d'un assistant ou d'une fonctionnalité sur votre site.

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  1. Synthèse en 30 secondes
  2. 1. L'annonce
  3. 2. Le piège
  4. 3. Sur votre site
  5. 4. Le test
  6. 5. À demander
  7. Termes clés
  8. Sources

Synthèse en 30 secondes

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  • Le 29 octobre 2026, Amazon a annoncé que son assistant d'achat, Alexa for Shopping, avait servi plus de 400 millions de clients en 12 mois, avec des interactions en hausse de 570 % sur un an.
  • Pendant la conférence de résultats, Andy Jassy a ajouté qu'aux États-Unis, les clients qui l'utilisent dépensent 50 % de plus par commande que ceux qui ne l'utilisent pas.
  • Ce chiffre compare deux publics différents. Les clients qui ouvrent un assistant d'achat sont souvent les plus engagés : ils dépensaient peut-être déjà plus avant.
  • Le même raccourci existe sur la plupart des sites : « les utilisateurs du moteur de recherche convertissent beaucoup plus ». Il mesure une intention d'achat, pas l'effet de la fonctionnalité.
  • Seul un test, avec une partie du trafic exposée et une partie non, mesure l'effet réel. La bonne métrique est le chiffre d'affaires par visiteur, pas par utilisateur.

Section 1 · L'annonce

400 millions d'utilisateurs en 12 mois, et des paniers 50 % plus élevés

Avec ses résultats du troisième trimestre, publiés le 29 octobre 2026, Amazon a mis en avant son assistant d'achat. Alexa for Shopping, qui a repris en mai le rôle de Rufus, a été utilisé par plus de 400 millions de clients sur les 12 derniers mois. Les interactions avec l'assistant ont augmenté de 570 % sur un an.

Exhibit 1 · Clients ayant utilisé Alexa for Shopping sur 12 mois glissants
En millions, selon les chiffres publiés à chaque publication de résultats
Fin juillet 2026350+Fin octobre 2026400+
Source : Amazon, résultats du deuxième trimestre (31 juillet 2026) et du troisième trimestre 2026 (29 octobre 2026). Comptes sur 12 mois glissants : l'écart n'est pas un nombre de nouveaux utilisateurs.

Pendant la conférence avec les analystes, Andy Jassy a donné un chiffre de plus : aux États-Unis, les clients qui utilisent Alexa for Shopping dépensent 50 % de plus par commande que ceux qui ne l'utilisent pas. Amazon n'a publié ni la méthode de calcul, ni le nombre de commandes concernées, ni d'ajustement par catégorie de produit ou type de client.

Ce que le chiffre compare Deux groupes de clients américains : ceux qui ont utilisé l'assistant et ceux qui ne l'ont pas utilisé. Leur panier moyen est comparé. Rien n'indique que les deux groupes se ressemblaient avant, ni que l'assistant est la cause de l'écart.

Section 2 · Le piège

Comparer utilisateurs et non-utilisateurs mesure d'abord une différence entre deux publics

L'assistant marche peut-être très bien. Ce chiffre ne suffit pas à le montrer. Le problème tient à la façon dont les deux groupes se forment : personne n'a tiré au sort qui utiliserait l'assistant. Les clients ont choisi eux-mêmes.

  • Qui ouvre un assistant d'achat ? Souvent des clients engagés, qui comparent, posent des questions, préparent un achat important.
  • Ils dépensaient peut-être déjà plus avant. Un client qui prépare l'achat d'un téléviseur pose plus de questions qu'un client qui rachète du café.
  • Le sens de la relation peut s'inverser. Un gros panier pousse à se renseigner, donc à utiliser l'assistant. Ce n'est pas l'assistant qui a fait grossir le panier.
Exhibit 2 · Deux façons de lire « +50 % par commande »
LectureCe qu'elle supposeCe qu'il faudrait pour la vérifier
L'assistant fait dépenser plusLes deux groupes étaient comparables avant d'utiliser l'assistantUn test : groupes tirés au sort, l'un avec l'assistant, l'autre sans
Les gros acheteurs utilisent l'assistantLes utilisateurs dépensaient déjà plus avantComparer le panier des mêmes clients avant et après, ou un test
Source : Grille Henkan. Les deux lectures sont compatibles avec le chiffre publié.
« Comparer ceux qui utilisent un outil à ceux qui ne l'utilisent pas, c'est mesurer qui choisit de l'utiliser. Pas ce qu'il produit. »

Section 3 · Sur votre site

Le même raccourci se cache dans la plupart des tableaux de bord e-commerce

Ce raisonnement n'est pas propre à Amazon. On le retrouve dans les présentations de fin de trimestre de nombreuses équipes : les utilisateurs du moteur de recherche interne, du chat, du configurateur ou de la liste d'envies « convertissent beaucoup plus ».

Bien sûr : ils sont venus pour acheter. Un visiteur qui tape une référence dans le moteur de recherche a déjà une intention d'achat que n'a pas celui qui arrive sur la page d'accueil depuis une publicité. La fonctionnalité est souvent un signe de l'intention, pas sa cause.

Le biais de sélection Quand les membres d'un groupe se choisissent eux-mêmes, les différences mesurées entre ce groupe et les autres reflètent d'abord ce qui les a poussés à choisir. C'est le biais le plus fréquent dans les analyses de fonctionnalités, et il va presque toujours dans le sens de la fonctionnalité.

Le risque est concret. Une équipe peut investir dans un outil sur la foi de ce type de chiffre, le pousser plus haut dans le parcours, et ne voir aucun effet sur le chiffre d'affaires total. Ou à l'inverse retirer une fonctionnalité qui « ne sert qu'à 3 % des visiteurs » sans voir qu'elle portait des commandes.

Section 4 · Le test

Seul un test mesure l'effet réel : une partie du trafic avec l'outil, une partie sans

Pour savoir ce qu'un assistant ou une fonctionnalité rapporte, il faut que le hasard décide qui y a accès. On répartit les visiteurs en deux groupes comparables, on donne l'outil à l'un et pas à l'autre, et on compare les résultats des deux groupes entiers, utilisateurs ou non.

Exhibit 3 · Mesurer l'effet d'une fonctionnalité en quatre étapes
  1. 1
    Répartir les visiteurs au hasardPar exemple 90 % avec la fonctionnalité, 10 % sans (groupe témoin). La répartition se fait à l'arrivée, avant tout comportement.
  2. 2
    Choisir la métrique par visiteurChiffre d'affaires par visiteur, sur tous les visiteurs de chaque groupe. Pas le panier des seuls utilisateurs.
  3. 3
    Fixer la durée à l'avanceCalculer la taille d'échantillon nécessaire, couvrir au moins deux cycles de semaine, ne pas arrêter au premier résultat favorable.
  4. 4
    Lire l'écart entre les deux groupesC'est l'effet de la fonctionnalité. Il est souvent bien plus petit que l'écart entre utilisateurs et non-utilisateurs.

Pourquoi par visiteur, et pas par utilisateur Si l'on ne garde que les utilisateurs de l'outil dans le groupe exposé, on réintroduit le biais de sélection. En comparant tous les visiteurs des deux groupes, on mesure ce que l'outil change pour l'ensemble du site, y compris pour ceux qui ne s'en servent pas.

Section 5 · À demander

Trois questions à poser devant un chiffre du type « les utilisateurs de X convertissent plus »

  1. Les deux groupes ont-ils été formés au hasard, ou les clients ont-ils choisi eux-mêmes d'utiliser la fonctionnalité ?
  2. La métrique porte-t-elle sur tous les visiteurs de chaque groupe, ou seulement sur ceux qui ont utilisé l'outil ?
  3. Que dit le chiffre d'affaires total du site depuis l'arrivée de la fonctionnalité, et existe-t-il un groupe témoin pour le comparer ?

Si la réponse à la première question est « ils ont choisi », le chiffre décrit une population. Il peut servir à formuler une hypothèse, jamais à chiffrer un retour sur investissement.

Le point de vue Henkan. Le chiffre d'Amazon n'a rien de faux : les utilisateurs de l'assistant dépensent bien plus par commande. Le danger, c'est ce qu'on lui fait dire une fois qu'il arrive dans un comité de direction. Toute fonctionnalité utilisée par choix attire d'abord les clients les plus engagés, donc toute comparaison entre utilisateurs et non-utilisateurs flatte l'outil. La bonne question n'est pas « les utilisateurs dépensent-ils plus ? » mais « le site gagne-t-il plus avec l'outil que sans ? ». Une seule méthode y répond : un groupe témoin et le chiffre d'affaires par visiteur.

Termes clés

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Corrélation
Deux phénomènes qui varient ensemble. Les utilisateurs de l'assistant dépensent plus : c'est une corrélation. Elle ne dit pas lequel cause l'autre.
Causalité
Le fait qu'un changement en provoque un autre. Pour l'établir sur un site, il faut un test où le hasard décide qui est exposé.
Biais de sélection
Erreur qui apparaît quand les membres d'un groupe se choisissent eux-mêmes : les écarts mesurés reflètent ce qui les a poussés à choisir.
Groupe témoin
Part du trafic, tirée au sort, qui ne reçoit pas la fonctionnalité testée. Elle sert de point de comparaison.
Chiffre d'affaires par visiteur
Chiffre d'affaires d'un groupe divisé par tous ses visiteurs, acheteurs ou non. Il combine conversion et panier moyen.

Sources

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  1. Amazon, « Amazon.com Announces Third Quarter Results », communiqué du 29 octobre 2026
  2. PPC Land, compte rendu de la conférence de résultats du 29 octobre 2026 (citation d'Andy Jassy sur les 50 % par commande)
  3. Amazon, résultats du deuxième trimestre 2026 commentés par Andy Jassy, 31 juillet 2026 (350 millions d'utilisateurs)
Alexandre Suon
Alexandre SuonManaging Partner, Henkan & Partners

Alexandre a cofondé et dirige Henkan & Partners. Il décrypte chaque jour une actu e-commerce sur LinkedIn.

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